Pour une fidélité non mimétique

La transcription d’un manuscrit médiéval ne se conçoit pas sans le souci d’une certaine « fidélité »… Certes, mais fidélité à quoi ? Un transcripteur « fidèle » devrait-il aujourd’hui s’astreindre à reproduire dans ses moindres détails l’agencement spatial de la source sur laquelle il travaille ? Un temps envisagé, un tel programme nous paraît à présent problématique. Nos transcriptions sont des fichiers informatiques qui ont la forme d’un texte, celui-ci devant être à la fois scriptible par l’humain et lisible par la machine.
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Pourquoi un code de saisie ?

Lorsqu’on a pour ambition l’encodage informatique de données musicales, la première idée qui vient à l’esprit est d’utiliser à cette fin l’un des logiciels d’édition musicale qui se sont répandus ces dernières années, et que musiciens et musicologues ont, au prix de loubables efforts, appris à manier. C’est là que les problèmes commencent… Entre les adeptes de « Da capo© », les fanatiques de « Grieg® » et les inconditionnels de « Ionico™ » ou de tout autre éditeur wysiwyg, la guerre de religion est programmée.
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Qu’est-ce qu’une édition diplomatique ?

Dans un projet comme le nôtre, la méthode se construit peu à peu, au fur et à mesure des questions et débats que suscite son avancement. Dès le départ, il était clair pour nous que nous voulions, pour chaque motet de notre corpus, éditer séparément la totalité des sources existantes, mais nos idées restaient un peu floues quant à la nature exacte de ces transcriptions. Assez rapidement s’est imposée l’idée qu’il fallait être « diplomatique », mais, proclamé ainsi, le terme même prêtait encore à confusion.
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Royaumont 2019

Du 8 au 10 mars 2019, le projet a tenu son premier séminaire à l’abbaye de Royaumont. Dans ce cadre propice à la réflexion, plusieurs sessions théoriques ont permis à la dizaine de participants de mettre en commun leurs connaissance et de poser les bases de plusieurs axes du projet. La question de l’encodage et de l’organisation des données, les attentes en matière de statistiques, de rendu graphique, le projet d’une édition modulable tant des textes que de la musique, ont été au cœur des débats.
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Genèse du projet

Lorsqu’un projet débute officiellement, c’est souvent, pour ses promoteurs, l’aboutissement d’un long travail de maturation. Dans notre cas, les prémices de « Chanter les motets de Philippe de Vitry » peuvent être retracées sur une quinzaine d’années : 2004-2006 : « Interprétation de la musique polyphonique entre Ars antiqua et Ars Nova ». Ce projet, mené dans le cadre de la Haute école de musique de Genève, visait à plonger les chanteurs dans des conditions d’exécution proches de celles du Moyen Âge (usage de parties séparées en notation mensurale noire, application, au vol et à l’oreille, des règles de solmisation et de contrepoint, déclamation à l’ancienne des textes).
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